06/10/2014 10:45 Publié dans Fathi Derder | Tags : matin, invité | Lien permanent | Commentaires (0)

A Pankraz, Peter, Otto. Et les autres

D’abord il y eut Otto Ineichen. Mon partenaire en Commission de la science, décédé il y a un an. Une force de la nature. Puis il y eut Peter Malama, quelques mois plus tard. Parti après un long combat contre la maladie. Et hier, nous apprenions le décès de Pankraz Freitag. Conseiller aux Etats glaronais. Trois collègues morts, en un an. C’est beaucoup. C’est trop.

Trois personnalités du Palais. Des «poids lourds», comme on dit. Toujours aimables. Totalement dévoués. Passionnés, et perfectionnistes. Souriants, mais exigeants et critiques. Autocritiques. Jamais satisfaits. Ils attendaient toujours plus d’eux-mêmes, et des autres. De vous-mêmes, leur voisin, par conséquent.

Trois «bêtes politiques». Que vous croisez inévitablement, sur votre chemin. Leur avis compte, tous les mardis, en séance de groupe. Vous êtes d’accord, ou pas. Mais l’avis est incontournable. Des liens se tissent, semaine après semaine. Des liens plus ou moins proches. Des liens de collègues. Des gens qui, comme vous, donnent de leur temps, de leur énergie, de leur vie, pour la cause à laquelle ils croient.

Otto, Peter et Pankraz avaient tous la même énergie, la même foi. Ils renonçaient tous, soit à une carrière professionnelle, soit à des moments en famille. Pour venir à Berne, convaincre leurs collègues de choses qui sont peut-être un détail pour vous. Mais qui, pour eux, veulent dire beaucoup.

Cette foi, cette énergie, ce combat des parlementaires de milice a des avantages précieux. Nous avons à Berne des élus qui connaissent le terrain. La vie réelle. Ce ne sont pas des professionnels de la politique, et c’est cela leur force. Mais cela se paie, parfois très cher. Devons-nous, pour autant, y renoncer? Je ne sais pas. Je ne crois pas.

Mais le départ de nos collègues doit nous faire réfléchir. En les remerciant de tout ce qu’ils ont fait pour leur pays. Pankraz, Peter, Otto. Et les autres.